La France encore, hier et demain.
Essentiellement depuis 2004, ma démarche artistique me conduit à l’expression, par le biais de la peinture, de symboles qui sont autant de traces d’un héritage religieux intemporel et universel. Pour ce faire, le patrimoine architectural sacré français constitue ma base de données visuelles auxquelles j’ajoute la représentation d’archétypes pour camper le créneau mystique que j’exploite.
De cette démarche est née une exposition d’œuvres réunies sous le titre Pour des siècles et des siècles en 2006 (Ex. : Destin nommé cathédrale, Cathédrale d’or, Cathédrale dans la peau, Leo-Léonard, Pour des siècles et des siècles, Jour et nuit, L’éternité comme un frôlement d’aile) laquelle a été suivie en 2007 d’un séjour de trois mois en France pour «croquer» sur le terrain des chefs d’œuvre romans et gothiques, question d’enrichir mon inspiration.
Ce stage personnel d’étude a été propice depuis lors à l’éclosion de projets à réaliser conjointement avec des artistes français particulièrement réceptifs au sacré dans l’art étant entourés d’un patrimoine très éloquent en la matière. Ainsi, un récital combinant musique pour orgue créée à partir de six de mes toiles dont une partie est issue de Pour des siècles et des siècles (Destin nommé cathédrale, Ozias Leduc inspiré, Leo-Léonard) et l’autre partie de Libérer l’âme (L’appel, Retour de l’ange, Danse incantatoire) a fait l’objet d’une prestation le 28 mars 2008 à l’église Notre-Dame de Bougival, en banlieue de Paris.
Les pièces musicales interprétées sont la création de Jean-Paul CONTY, disciple de la théorie d’Olivier Messiaen stipulant que les couleurs suggèrent des sons. La performance qui porte le titre Les parfums, les couleurs et les sons se répondent (Baudelaire) est sujette à se répéter en France comme au Québec. Des ententes à cet effet sont en cours de préparation en prévision de mon passage en Touraine en octobre 2008.
Cette réceptivité française à l’endroit de l’orientation sacrée de mon travail m’a ouvert la porte à l’exploration picturale de la très mystique Marie de l’Incarnation dont la communauté a occupé un rôle de premier plan dans la fondation de Trois-Rivières qui célébrera ses 375 ans d’existence en 2009.
L’exposition collective à laquelle je participe en France en octobre 2008, me permettra de présenter au public français, et tourangeau tout particulièrement (région d’origine de Marie de l’Incarnation) deux toiles constituant les premières d’une série évoquant la démarche mystique de la célèbre «bâtisseuse de la Nouvelle-France»: Vitrail en cavale et La présentation de Marie.
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. (Baudelaire)
La prestation du 28 mars 2008 à l’église Notre-Dame de Bougival, en banlieue de Paris consiste en deux performances complémentaires : celle de Jean-Paul Conty, musicien et la mienne, Monique Danis, peintre.
Ainsi des pièces musicales jouées à l’orgue successivement à la manière des mouvements de sonates dont la structure, conçue à partir d’une harmonie, s’arriment aux symboles et à la palette de couleurs d’oeuvres picturales spécifiques. Cette approche permet une improvisation grâce à la présence sur scène de ces toiles ayant inspiré le musicien dans sa création.
Il s’agit de procurer au public une expérience musicale originale et innovatrice de par son rapprochement avec une autre forme artistique; de favoriser l’appréciation d’une forme contemporaine de la musique par une approche didactique permettant de pénétrer à l’intérieur du processus créateur des artistes concernés, en l’occurrence le musicien et le peintre et d’apprécier deux artistes dans leur spécificité et leur complémentarité.
Jean-Paul Conty, pianiste et organiste de Saint-Avertin (Touraine, France) développe une esthétique inspirée d’un grand compositeur français, Olivier Messiaen (1908-1992) dont le langage musical est souvent mystique. Il s’agit d’une harmonie de règles qui régissent les accords (musique verticale) et leurs enchaînements. En musique dite «classique», l’auditeur peut percevoir un climat qui pourrait s’apparenter à un jeu d’ombres et de lumières.
Messiaen a voulu approfondir cet aspect en s’appuyant sur un phénomène que l’on appelle la synesthésie. Il s’agit d’un mode de perception qui fait que chez certaines personnes des sensations correspondant à un sens évoquent des sensations liées à un autre sens. Le cas le plus fréquent est ce qu’on appelle la synopsie ou perception colorée d’un son (vision colorée). Messiaen a intellectualisé et conceptualisé ce phénomène.
Pour ce faire, il a mis au point une harmonie constituée de modes (gammes) à transpositions limitées, d’accords à valeurs ajoutées, et de différents autres types d’accords.
Il en a défini très précisément la multitude de couleurs engendrées et de ce fait, a ouvert la voie à d’autres musiciens, comme Jean-Paul Conty, pour créer un univers musical plus intimement lié aux autres formes d’art et en particulier la peinture.
Monique Danis, peintre de Trois-Rivières (Québec) effectue une démarche artistique démontrant sa perception de la proximité dans l’Absolu du pouvoir créateur (profane) par rapport à la spiritualité (sacré). Son travail concerné par le projet vise à débusquer les traces d’un héritage religieux intemporel et universel sur les corps d’individus, principalement de femmes. Le profane et le sacré s’y rencontrent.
S’inspirant des bâtisseurs de cathédrales européennes du Moyen-âge, dont le métier combinait le geste profane à la noblesse d’un message sacré, évident dans les vitraux, ces fenêtres ouvertes sur l’infini, elle développe une symbolique chargée d’archétypes dont la profondeur de la signification sacrée est annoncée par des éléments d’architecture de cathédrale.
Une première rencontre artistique s’est effectuée entre Jean-Paul Conty et Monique Danis alors que celle-ci tenait une causerie dans l’église Saint-Pierre-Saint-Avertin en octobre 2006. Le sujet portait sur le dernier grand œuvre d’Ozias Leduc, peintre d’art sacré québécois. Pour ce faire, une œuvre hommage au peintre, réalisée par Monique Danis était exposée dans l’enceinte de l’église alors que Jean-Paul Conty en assurait la partie musicale sacrée. La palette de couleurs a éveillé chez le musicien une inspiration à l’origine du projet actuel.
Les deux artistes se sont rencontrés une deuxième fois à Saint-Avertin, en juin 2007. Via la présentation d’œuvres musicales réalisées par Jean-Paul Conty dans l’esprit de Messiaen, l’évidence de complémentarité s’établissait entre les deux démarches des artistes.
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